L'autre jour, alors que je suis grippé et alité, mon père vient me voir et me dit de me lever pour aller lui « télécharger » ses marque-pages Firefox (comprendre : les liens vers les sites de ses quotidiens préférés) sur mon ancien PC portable, que j'ai eu la bonté de lui donner et de lui configurer.
Je lui explique que dans mon état actuel, ce ne sera pas possible et qu'il devra donc attendre, ou le faire par lui-même. Agacé, il me dit que « c'est urgent ». Je lui indique alors sommairement la procédure, assez facile à suivre. Il me coupe immédiatement, sans même avoir essayé : « J'y arrive pas ! », et me somme de venir tout de suite. En désespoir de cause, je lui conseille de faire une recherche sur Google, ce qui lui permettra de trouver la procédure détaillée en images.
En trente secondes, me voilà renié et déshérité. Alors qu'il suffisait de taper « Transférer les marque-pages Firefox » puis de cliquer sur « J'ai de la chance ». Mon pauvre PC… PEBKAC.
1998 : spéciale dédicace nostalgique. Je suis au siège, 92, de cette jeune société de télécom au nombre carré. La filiale est au centre de Paris.
Jeune technicien, je me débats avec mes serveurs et mes 60 utilisateurs. L'assistante du Directeur de notre filiale Télécom Italia, bras droit du PDG, m'appelle d'urgence : plus d'image ! Un dossier à présenter dans un meeting dans deux heures. Impossible de terminer le boulot, c'est une affaire de vie ou de mort (ma propre mort, si je ne viens pas de suite).
Je lui fais vérifier au téléphone les branchements, les boutons, les voyants… Le câble d'alimentation ne s'est pas défait, l'ordinateur tourne-t-il toujours, etc. ? Oui oui, jeune homme, à mon âge je sais quand même faire ces vérifications ! Bon, j'arrive. Je traverse Paris à pied et en métro.
Je débarque, passe la tête face à l'écran, appuie sur le bouton en bas, l'image apparaît.
« Ah, je ne savais pas qu'il y avait un bouton sur l'écran, je cherchais sur l'ordinateur ! ».
Je m'écrase, je tiens à ma place… PEBKAC.
Dernièrement, en cours de géographie sur les États-Unis, la prof' nous demande de citer un logiciel américain. Une élève lève alors la main et fièrement, propose : "Windows".
À cela, la prof' répond : "Non, Windows n'est pas un logiciel, mais un serveur Internet. Par contre oui, Microsoft est bien un logiciel". PEBKAC.
Notre entreprise a racheté une petite société développant des logiciels. La première chose qui a été faite lors de leur déménagement dans nos locaux a été de faire transférer leur ligne téléphonique. Pas pour conserver leur numéro de téléphone, mais surtout pour conserver leur adresse IP.
Une adresse IP qui est codée "en dur" dans tous leurs logiciels vendus, et qui est utilisée pour les mises à jour. PEBKAC.
Un client a ressorti sa belle imprimante matricielle, et m'appelle... pour savoir comment y activer le Wi-Fi. Et oui, comme son ordinateur est récent, et dispose donc du Wi-Fi, il ne va plus connecter le câble, car ça ne servirait à rien. Ce serait du gaspillage, et puis il l'a payé ce Wi-Fi, donc il le faut !... PEBKAC.
Pour nous montrer un message d'erreur, l'utilisatrice a fait une capture d'écran du message, puis l'a prise en photo avec son téléphone portable, qu'elle a ensuite pris en photo avec un appareil photo numérique, et nous a transmis cette image.
Inception, ça vous parle ?… PEBKAC.
Dans mon ancienne école, lors d'un projet interdisciplinaire, un informaticien a proposé le projet suivant : doter tout le village d'un accès Wi-Fi gratuit.
L'idée était séduisante et louable en soi, mais il n'avait visiblement aucune connaissance technique : il pensait qu'il suffisait de placer un unique point d'accès (acheté dans le commerce) pour couvrir toute la commune (de plusieurs kilomètres carrés) !
Non content de sa naïveté technique, il pensait qu'il n'y avait rien à faire juridiquement, ni rien d'autre à mettre en place (portail captif au moins ?) : on prend un point d'accès Wi-Fi du marché, on le branche directement à Internet (sur quelle connexion ?), on le laisse ouvert et c'est bon ! Bref, un projet « facile »… qui ne s'est pas réalisé.
Il était pourtant informaticien. PEBKAC.
Un élève de mon école d'ingénieurs en informatique arrive en cours un matin avec deux laptops 17".
Gêné devant la stupéfaction des autres étudiants, il explique à la promo qu'il a acheté un deuxième ordinateur spécialement pour le module Linux, car il avait peur de casser son Vista en installant Ubuntu. PEBKAC.
Un utilisateur m'appelle pour me demander la marche à suivre pour imprimer un document recto/verso. Je lui montre donc la configuration de l'imprimante, et ce qui s'en suit.
Cinq minutes plus tard, nouvel appel "Allô, ça ne marche pas !".
J'ai alors dû lui expliquer qu'on ne peut imprimer recto/verso un document d'une seule page. PEBKAC.
Il y a quelques années, ma collègue et moi-même avions pris un stagiaire (qui était en fin de première année de DUT Informatique) dans notre service informatique. Après plusieurs déboires, nous cherchions une tâche à lui confier qu'il serait en mesure de faire correctement. Nous avons fini par lui donner à remplacer le lecteur DVD défectueux d'un PC.
Ma collègue lui confie donc l'ordinateur et le lecteur DVD de rechange (qui avait été récupéré sur un ordinateur jeté), puis le laisse et retourne à ses occupations.
Après peu de temps, nous entendons des chocs répétés provenant du bureau où était le stagiaire. Inquiets, nous nous précipitons pour découvrir qu'il essayait de rentrer le lecteur DVD de force dans la tour. En nous voyant, il nous dit : "Je ne comprends pas, ça ne rentre pas, il y a un truc coincé !".
Ce qui coinçait ? Les quatre vis qui avaient été remises sur le lecteur lorsqu'il avait été stocké comme pièce de rechange. Un stagiaire visiblement adepte du "ça passe ou ça casse"... PEBKAC.